Aller au contenu

Livraison offerte dès 89 €

Comparatif

Moisissure ou poils racinaires ? Reconnaître les deux sur des micro-pousses

Le test de la brumisation, l’aspect, l’odeur, le moment d’apparition : cinq critères pour trancher en quelques secondes, et savoir quand jeter un plateau ou le garder.

La rédactionPublié le · 6 min de lecture
Tapis de micro-pousses sur fond sombre

Brumisez le duvet : s’il s’aplatit et devient presque invisible, ce sont des poils racinaires, et la culture va bien. S’il reste cotonneux, gris ou verdâtre, s’il relie les graines entre elles comme une toile et s’il dégage une odeur de renfermé, c’est une moisissure. Ce test de dix secondes règle la quasi-totalité des cas, et il se fait à l’œil nu, sans rien jeter à l’avance.

Le test en dix secondes

  1. Prenez un vaporisateur d’eau claire et brumisez la zone douteuse, de près.
  2. Regardez tout de suite. Les poils racinaires, très fins, s’agglutinent au contact de l’eau et se couchent contre la racine : le duvet disparaît presque.
  3. Regardez de nouveau une heure après. Les poils racinaires reviennent en séchant, ce qui inquiète souvent à tort. La moisissure, elle, n’a pas bougé du tout depuis la brumisation.
  4. Sentez. Un plateau sain sent l’herbe coupée et la terre humide. Une odeur de cave, de renfermé ou de fermentation accompagne presque toujours une vraie moisissure.

Si le doute persiste, un dernier indice tranche : les poils racinaires ne quittent jamais la zone des racines, au contact du support. Ce qui grimpe sur les tiges ou s’étale sur les graines n’en est pas.

Deux phénomènes très différents

Ce que sont les poils racinaires

Ce sont des prolongements microscopiques de la racine, qui augmentent la surface par laquelle la plante absorbe l’eau. Toutes les plantes en fabriquent ; chez les micro-pousses, on les voit simplement parce que les racines sont à l’air libre sur un support peu épais.

Leur aspect est caractéristique : un halo régulier, symétrique, centré sur chaque racine, comme un duvet blanc très fin. Chaque plantule a le sien, et ces halos ne se rejoignent pas. Ils apparaissent le plus souvent vers le deuxième ou le troisième jour, sur les variétés à levée rapide : radis, roquette, chou, brocoli.

Un halo de poils racinaires n’est pas un signe d’excès d’eau. C’est même plutôt le contraire : une racine qui cherche l’humidité en fabrique davantage. Sur un support très mouillé, ils sont souvent moins visibles.

Ce qu’est la moisissure

La moisissure est un champignon qui se développe sur la matière organique disponible : graines mortes, enveloppes de graines, racines abîmées, support déjà utilisé. Elle ne part pas d’une racine : elle part d’un point et s’étend.

Son aspect est irrégulier, cotonneux ou feutré, souvent gris, parfois verdâtre, bleuté ou noirâtre en vieillissant. Elle forme des ponts entre les graines, monte sur les tiges, et progresse d’un jour à l’autre. Elle s’installe en général plus tard, après la phase sombre, quand le plateau reste confiné et humide.

Sur un plateau densément semé, on ne peut pas identifier une espèce de champignon à l’œil nu. C’est pourquoi la règle est prudente : une moisissure installée se composte, elle ne se rince pas.

Les différences en un tableau

CritèrePoils racinairesMoisissure
Réaction à la brumisationS’aplatissent, disparaissent presqueAucun changement
FormeHalo régulier autour de chaque racineVoile cotonneux irrégulier, en plaques
EmplacementUniquement à la base, contre le supportSur les graines, les tiges, le support
ProgressionStable, lié à la croissanceS’étend d’un jour à l’autre
CouleurBlanc purBlanc sale, gris, verdâtre, bleuté
OdeurHerbe coupée, terre humideRenfermé, cave, fermentation
Moment d’apparitionDeuxième ou troisième jourPlutôt après la phase sombre

Aucun critère ne suffit seul : le blanc pur d’un début de moisissure ressemble à des poils racinaires, et la brumisation seule peut tromper sur un plateau déjà très humide. Croisez au moins l’aspect, l’emplacement et l’odeur.

Les cinq causes d’une vraie moisissure

  • Un semis trop dense. Des graines empilées retiennent l’eau entre elles et ne sèchent jamais en surface. C’est la première cause, loin devant les autres.
  • Un arrosage par le dessus. Il mouille les tiges et les feuilles, qui restent humides des heures. Dès la fin de la phase sombre, on arrose par le plateau du dessous.
  • Un support détrempé. Il doit rester à la consistance d’une éponge essorée : la main est mouillée quand on le presse, mais rien ne coule.
  • Un air immobile. Un couvercle jamais soulevé, un placard fermé, une pièce confinée. Le guide de l’université d’État de l’Utah recommande une ventilation douce et continue.
  • Un support ou un plateau réutilisé sans nettoyage. Les racines restées dans les fibres d’un tapis nourrissent la culture suivante.

La chaleur joue aussi : une pièce chaude et confinée accélère nettement le phénomène. Les guides universitaires travaillent dans une plage d’environ 16 à 24 °C, les repères de l’Utah étant de 20 à 23 °C selon la phase.

Que faire dans chaque cas

Si ce sont des poils racinaires : rien. Continuez la culture normalement, arrosez par le dessous et laissez un peu d’air circuler. Ils disparaissent d’eux-mêmes quand les racines s’ancrent dans le support.

Si une petite zone est moisie :

  1. Retirez-la largement, avec les graines et le support autour, sans secouer le plateau au-dessus du reste.
  2. Réduisez l’arrosage et passez à l’arrosage par le bas s’il ne l’était pas déjà.
  3. Améliorez la circulation d’air : découvrez, écartez le plateau du mur, entrouvrez la pièce.
  4. Surveillez deux fois par jour. Si la tache réapparaît, le plateau est perdu.

Si la moisissure gagne une grande partie du plateau : compostez la culture entière, tapis compris. Lavez le plateau à l’eau chaude savonneuse avec une brosse, rincez, séchez. Ne récupérez pas les pousses de la zone saine : les filaments du champignon s’étendent plus loin que ce que l’on voit.

Ce qui n’est ni l’un ni l’autre

  • Les coques de graines restées accrochées, surtout sur le tournesol. Elles se retirent à la main avant la coupe et n’ont rien d’une maladie.
  • Les graines non germées, qui brunissent et ramollissent. Elles ne sont pas encore moisies, mais elles finiront par l’être : retirez-les si elles sont nombreuses.
  • Un dépôt blanchâtre et croûteux sur le bord du plateau, qui est du calcaire laissé par l’eau en s’évaporant. Il ne file pas, ne sent rien, et part au vinaigre blanc dilué.
  • Un voile vert sur le support, qui est une algue, pas une moisissure. Elle signale un support trop longtemps détrempé en pleine lumière.

Éviter le problème à la culture suivante

  • Pesez les graines au lieu de les semer à l’œil. Les doses variété par variété sont dans nos fiches de culture des micro-pousses et, pour les brassicacées, dans notre guide roquette, épinard et chou.
  • Soulevez le couvercle chaque jour pendant la phase sombre, quelques secondes suffisent.
  • Arrosez par le dessous dès que les pousses sont découvertes.
  • Un tapis, une culture. Les fibres gardent des racines qui deviennent le terrain de la moisissure suivante.
  • Lavez plateaux et ciseaux à l’eau chaude savonneuse entre deux cultures, et lavez-vous les mains avant de semer : c’est aussi ce que recommande l’Anses pour la germination à domicile.

Un plateau en inox se nettoie plus facilement et ne retient ni odeurs ni taches, ce qui limite les reprises de moisissure d’une culture à l’autre.

Pour la méthode complète, du semis à la récolte, reportez-vous à notre guide réussir ses micro-pousses du premier coup. Plateaux, tapis et graines se trouvent dans le rayon micro-pousses.

Sources

Questions fréquentes

Peut-on manger les pousses saines d’un plateau partiellement moisi ?

Mieux vaut s’en abstenir quand la moisissure dépasse une petite zone. Les filaments d’un champignon s’étendent dans le support bien au-delà de la tache visible, et rien ne permet d’identifier l’espèce à l’œil nu chez soi. Si une seule zone réduite est touchée et que le reste du plateau ne sent rien, retirez largement autour et surveillez ; au moindre doute, compostez l’ensemble.

Le duvet blanc apparaît-il sur toutes les variétés ?

Il est surtout visible sur les variétés à levée rapide et à racines fines, comme le radis, la roquette, le chou et le brocoli. Sur le pois et le tournesol, dont les racines sont plus épaisses, il se remarque beaucoup moins. Son absence ne signifie donc pas que quelque chose ne va pas, et sa présence sur un plateau de radis au troisième jour est au contraire un bon signe.

Faut-il désinfecter les plateaux entre deux cultures ?

Un lavage soigneux à l’eau chaude savonneuse, avec une brosse, suffit dans la plupart des cas, suivi d’un rinçage et d’un séchage complet. L’Anses rappelle qu’il faut nettoyer et désinfecter soigneusement plateaux et germoirs entre deux cultures ; si vous avez eu une moisissure, un passage au vinaigre blanc dilué avant rinçage est une précaution raisonnable. Le séchage compte autant que le lavage.

Un petit ventilateur aide-t-il vraiment contre la moisissure ?

Oui, et c’est l’une des mesures les plus efficaces. Un mouvement d’air léger et continu sèche la surface du support et les tiges entre deux arrosages, ce qui prive le champignon de l’humidité dont il a besoin. Placez le ventilateur à distance, orienté à côté du plateau plutôt que dessus, à la plus petite vitesse : il ne doit pas coucher les pousses ni dessécher le support.

Pour aller plus loin.

Tous les guides

Univers

Recherches fréquentes

Votre panier

Votre panier est vide.

Un kit, c'est le plus simple pour commencer : le verre, les plantes, la terre et le guide arrivent ensemble.