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Conseil

Combien d'heures de lumière par jour pour une culture d'intérieur ?

Environ 14 à 16 heures pour des aromatiques et des salades, 16 heures pour des micro-pousses et des semis : les durées d'éclairage culture par culture, et pourquoi la nuit compte autant que le jour.

La rédactionPublié le · 7 min de lecture
Mur de plantes retombantes en intérieur

Pour la plupart des cultures d'intérieur, la réponse tient en une phrase : environ 14 à 16 heures de lumière par jour pour des aromatiques et des salades, environ 16 heures pour des micro-pousses et des semis, et une douzaine d'heures pour des plantes vertes d'ornement. Dans tous les cas, il faut une vraie période d'obscurité : une lampe laissée allumée en continu n'accélère pas la croissance. Une minuterie règle la question une fois pour toutes.

Ce que le nombre d'heures change vraiment

Une plante ne reçoit pas de la lumière comme on remplit un verre d'eau : ce qui compte est la quantité totale accumulée sur une journée. Cette quantité dépend de deux choses, l'intensité de la lampe au niveau des feuilles et le nombre d'heures pendant lesquelles elle est allumée.

C'est pour cela que la durée est un levier aussi utile que la puissance. Une lampe modeste allumée longtemps peut apporter autant qu'une lampe forte allumée peu de temps. Elle présente même un avantage domestique : moins de puissance instantanée, donc moins de risque de brûler le feuillage si la lampe est proche.

La limite est que cette compensation n'est pas infinie. Une lampe trop faible ou trop éloignée n'apporte presque rien au niveau des feuilles, et allonger la durée ne rattrapera pas un éclairage placé à un mètre au-dessus des plants. La durée règle la quantité ; la distance et la puissance règlent l'intensité. Notre guide lampe de culture en intérieur traite ce second volet en détail.

Les durées culture par culture

Les repères ci-dessous viennent de services de vulgarisation universitaires. Ils valent comme point de départ, à ajuster ensuite en observant les plantes.

CultureDurée quotidienneRemarque
Semis de légumes et d'aromatiques14 à 16 hL'université de l'Illinois indique 16 h, sans dépasser 18 h
Micro-pousses, après la phase à l'obscuritéEnviron 16 hRepère de l'université du Maryland
Aromatiques adultes (basilic, persil, ciboulette, coriandre)14 à 16 hLampe un peu plus haute que pour les semis
Salades et légumes-feuilles en hydroponie14 à 16 hAvec une vraie période d'obscurité
Plantes vertes d'intérieur en complémentEnviron 12 hIl s'agit d'un appoint, pas d'une culture forcée

Ces fourchettes supposent que la lampe est la source principale. Dans une pièce qui reçoit déjà plusieurs heures de lumière naturelle franche, on peut rester dans le bas de la fourchette.

Les micro-pousses font exception au début. Pendant leurs premiers jours, elles restent volontairement à l'obscurité sous un couvercle, le temps que les graines lèvent de façon homogène. La durée d'éclairage ne commence qu'au moment où l'on découvre le plateau. Le déroulé complet figure dans notre guide des micro-pousses.

Pourquoi la nuit est indispensable

Il est tentant de se dire qu'une lampe allumée vingt-quatre heures sur vingt-quatre ferait pousser deux fois plus vite. Ce n'est pas ce qui se passe.

  • Les plantes respirent en permanence, y compris dans le noir, et une part de leur métabolisme se déroule pendant cette phase. L'alternance jour-nuit fait partie de leur fonctionnement normal.
  • Beaucoup d'espèces règlent leur floraison sur la longueur du jour. Une durée d'éclairage très longue peut pousser certaines plantes à fleurir ou à monter en graine plus tôt, ce qui n'est pas souhaitable quand on cultive pour les feuilles.
  • Un éclairage continu abîme le feuillage de certaines espèces, avec des taches ou des décolorations qui apparaissent après plusieurs jours.
  • L'électricité compte. Passer de 16 à 24 heures augmente la consommation de moitié pour un gain nul, voire négatif.

Les repères universitaires plafonnent d'ailleurs autour de 18 heures pour des semis. Au-delà, on dépense sans gagner.

Régler la minuterie, une fois pour toutes

  1. Choisissez une plage qui vous arrange. Pour 15 heures, un cycle de 7 h à 22 h fonctionne bien : la lampe est allumée quand vous êtes dans la pièce, et éteinte la nuit.
  2. Programmez la minuterie dès le premier jour, intégrée à la lampe ou sous forme de prise programmable. C'est ce qui évite les oublis, dans les deux sens.
  3. Gardez la même plage tous les jours. Une durée régulière vaut mieux qu'une moyenne obtenue avec des journées de 10 et de 20 heures.
  4. Notez la date du réglage quelque part. Quand une culture se comporte mal deux semaines plus tard, savoir ce qui a été réglé et quand fait gagner beaucoup de temps.
  5. Vérifiez après une coupure de courant. Certaines minuteries reprennent leur cycle au moment du rétablissement, ce qui décale tout l'horaire.

Ajuster selon la saison et l'emplacement

En hiver, la lumière naturelle est faible et les journées courtes : la lampe fournit l'essentiel, et il faut viser le haut de la fourchette. C'est aussi la saison où les semis filent le plus, faute de lumière ; le sujet est traité dans notre guide des semis qui filent.

Au printemps et en été, une fenêtre bien exposée peut suffire à des aromatiques robustes. La lampe redevient un appoint, sur une durée plus courte, ou seulement les jours gris.

Loin d'une fenêtre, dans une cuisine ou sur une étagère de salon, la durée programmée est la seule lumière reçue. Restez alors dans le haut de la fourchette toute l'année, sans dépasser 18 heures.

Sur plusieurs niveaux, chaque étagère a besoin de son propre éclairage : la tablette du dessus ne laisse rien passer à celle du dessous. Des rails ou des clips sous chaque tablette évitent le bricolage.

Laisser les plantes corriger le réglage

Les plantes disent assez vite si la durée et la distance leur conviennent.

  • Tiges qui s'allongent, feuilles espacées, port qui penche : la quantité de lumière est insuffisante. Rapprochez la lampe d'abord, puis allongez la durée si besoin.
  • Feuilles pâles, jaunies ou recroquevillées au sommet de la plante : la lampe est trop proche ou trop intense. Éloignez-la de quelques centimètres avant de toucher à la durée.
  • Croissance lente mais compacte, feuillage vert foncé : la plante reçoit assez de lumière mais manque d'autre chose, souvent de chaleur ou d'éléments nutritifs. Ce n'est pas un problème de minuterie.
  • Montée en fleurs précoce d'une aromatique : pincez les boutons et, si cela se répète, réduisez d'une heure ou deux.

Attendez une semaine entre deux ajustements. Un changement par semaine, observé posément, vaut mieux que trois réglages en trois jours dont on ne saura plus lequel a produit quel effet.

Combien cela consomme

Le calcul est simple : multipliez la puissance réellement consommée par le nombre d'heures. Une lampe de 24 W allumée 16 heures consomme 384 Wh par jour, soit environ 0,38 kWh ; sur 30 jours, cela représente environ 11,5 kWh. Multipliez ce total par le prix du kWh de votre contrat pour obtenir le coût mensuel.

Deux conséquences pratiques. D'abord, c'est la puissance consommée qui sert au calcul, jamais une puissance dite « équivalente » imprimée sur l'emballage. Ensuite, une heure de plus ou de moins par jour se chiffre : sur cette lampe, une heure quotidienne représente environ 0,7 kWh par mois. Cela n'invite pas à rogner sur la durée utile, mais à ne pas éclairer vingt heures sans raison.

Pour un système hydroponique, la durée d'éclairage se règle en même temps que le reste de la routine : notre guide l'hydroponie d'intérieur sans jargon rassemble lumière, solution nutritive et renouvellement. Les réglettes et les supports sont dans le rayon lampes horticoles.

Sources

Questions fréquentes

Peut-on laisser une lampe de culture allumée 24 heures sur 24 ?

Ce n'est pas conseillé. Les plantes ont besoin d'une période d'obscurité pour leur fonctionnement normal, et un éclairage continu peut provoquer des décolorations du feuillage chez certaines espèces. Les repères universitaires plafonnent autour de 18 heures pour des semis. Au-delà, la consommation augmente sans gain de croissance.

Combien d'heures de lumière pour du basilic en intérieur ?

Comptez environ 14 à 16 heures par jour sous lampe de culture, avec une vraie nuit. En hiver, ou loin d'une fenêtre, restez dans le haut de la fourchette. Si les tiges s'allongent et que les feuilles s'espacent, rapprochez d'abord la lampe avant d'augmenter la durée.

Faut-il réduire la durée d'éclairage en été ?

Oui, si les plantes reçoivent déjà plusieurs heures de lumière naturelle franche. La lampe redevient alors un appoint, que l'on peut programmer sur une durée plus courte ou réserver aux journées grises. Près d'une fenêtre peu exposée, ou dans une pièce sombre, la durée reste la même toute l'année.

Vaut-il mieux une lampe puissante peu de temps ou une lampe modeste longtemps ?

Ce qui compte est la quantité de lumière accumulée dans la journée, donc les deux approches peuvent se valoir. Une lampe modeste allumée longtemps présente l'avantage d'être plus douce pour le feuillage quand elle est proche. La compensation a toutefois une limite : une lampe trop éloignée n'apporte presque rien, quelle que soit la durée.

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