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Tutoriel

Sauver une aromatique du supermarché : la diviser et la rempoter

Un pot de basilic du commerce contient des dizaines de plants serrés dans quelques centilitres de substrat. Le diviser en trois ou quatre touffes et le rempoter change sa durée de vie.

La rédactionPublié le · 6 min de lecture
Rempotage sur une table en bois

Un pot d'aromatique acheté en grande surface n'est pas une plante : c'est un semis très dense, plusieurs dizaines de tiges élevées ensemble sous serre pour être vendues en quelques jours. La solution tient en un geste, à faire dès le retour des courses : sortir la motte, la couper en trois ou quatre blocs entiers et rempoter chaque bloc dans son propre pot, avec du terreau neuf. Un basilic ainsi traité se récolte pendant des mois au lieu de deux semaines.

Pourquoi ces pots s'épuisent si vite

Le pot du commerce est conçu pour un usage court. Les graines y sont semées en très grand nombre pour obtenir tout de suite un volume de feuillage attirant en rayon, et le substrat, souvent un mélange léger et très peu nourrissant, n'a qu'à tenir jusqu'à la caisse.

Trois limites se cumulent une fois la plante à la maison.

  • La place. Les racines occupent déjà tout le pot au moment de l'achat. Elles s'enroulent, s'entremêlent et ne trouvent plus d'espace neuf à explorer.
  • L'eau. Une motte saturée de racines ne retient presque plus rien : l'arrosage traverse et ressort par le fond en quelques secondes, alors que le cœur reste sec.
  • La nourriture. Le peu d'éléments minéraux présents au départ est consommé en deux ou trois semaines. Les feuilles pâlissent, les nouvelles pousses rapetissent.

Le signe le plus parlant est là : la plante fane entre deux arrosages pourtant rapprochés, et les feuilles neuves sont plus petites que les anciennes. Ce sont exactement les indices qui, pour une plante d'intérieur, signalent qu'un rempotage est nécessaire.

Toutes les aromatiques ne se divisent pas

Avant de couper, il faut savoir ce que contient le pot. Certaines espèces sont des touffes de semis que la division soulage ; d'autres poussent sur une racine unique que la lame abîmerait.

AromatiqueCe que contient le potDivisionDurée de vie ensuite
BasilicPlusieurs dizaines de semis serrésOui, en 3 ou 4 blocsUne saison, plus si la pièce reste chaude
CibouletteUne touffe de petits bulbesOui, très facilementPlusieurs années, elle repart après chaque coupe
MentheUne souche à rhizomes traçantsOui, chaque fragment reprendPlusieurs années
PersilSemis à racine pivotantePlutôt non : blocs larges ou rienDeux ans, il monte en graines la deuxième année
CoriandreSemis à racine pivotanteNon, elle monte en graines si on la dérangeQuelques semaines, à ressemer régulièrement
Thym, romarinUn seul pied issu de boutureNon, on rempote tel quelPlusieurs années

Pour le basilic, la ciboulette et la menthe, la division est donc le bon geste. Pour la coriandre, mieux vaut consommer le pot rapidement et repartir d'un semis : notre calendrier des semis en intérieur indique les périodes. Le thym et le romarin, eux, se contentent d'un pot plus grand et d'un substrat drainant.

Préparer le poste de travail

Le rempotage salit et se fait mieux d'un seul geste, sans aller chercher un outil en cours de route. Rassembler à l'avance :

  • Des pots percés, en terre cuite de préférence. La paroi poreuse laisse respirer les racines et évacue l'humidité en excès, ce qui convient bien aux aromatiques. Un diamètre de 14 cm accueille une touffe de trois ou quatre tiges ; un diamètre de 20 cm en accueille trois ou quatre ensemble.
  • Du terreau neuf, de rempotage ou universel, humidifié avant usage.
  • Un transplantoir et un plantoir, plus commodes qu'une cuillère pour remplir sans tasser et pour caler une motte.
  • Un couteau propre ou une lame droite, pour couper la motte franchement.
  • Des soucoupes, ou un grand plateau.

Les pots en terre cuite neufs se trempent une trentaine de minutes dans l'eau claire avant le premier usage : sèche, la terre cuite absorbe sinon une partie de l'eau destinée au substrat.

Diviser et rempoter, pas à pas

  1. Arroser la plante une heure avant. Une motte humide se sépare sans se déliter ; une motte sèche part en poussière et emporte les racines fines.
  2. Sortir la motte. Retourner le pot, une main à plat sur le substrat, et tapoter le fond. Ne jamais tirer sur les tiges.
  3. Observer les racines. Si elles s'enroulent en spirale contre la paroi, les dérouler à la main ou couper les plus longues : laissées telles quelles, elles continueraient à tourner sans coloniser le terreau neuf.
  4. Couper la motte en trois ou quatre blocs. Poser la motte sur la tranche et trancher d'un geste net, comme une part de gâteau. Chaque bloc doit garder une bonne part de racines et de terre. Séparer les tiges une par une ferait beaucoup plus de dégâts.
  5. Remplir les pots au tiers de terreau humidifié, poser un bloc au centre, combler autour et tasser à peine avec les doigts.
  6. Respecter la profondeur d'origine. Le collet, ce point où la tige rencontre les racines, reste au même niveau qu'avant. Laisser un à deux centimètres libres sous le bord pour pouvoir arroser sans déborder.
  7. Arroser aussitôt, doucement, jusqu'à ce que l'eau perle au trou de drainage. Vider la soucoupe une vingtaine de minutes plus tard.

Les deux semaines qui suivent

Les premiers jours sont ceux d'une convalescence : les racines coupées cicatrisent et repartent, la plante ne pousse presque pas.

La lumière d'abord. Installer les pots à l'endroit le plus clair de la maison, sans les coller à la vitre. Comptez quatre à six heures de lumière directe pour des aromatiques de cuisine ; en dessous, les tiges s'allongent et les feuilles s'espacent, et une lampe de culture devient utile. Attention aux vitres froides en hiver : le basilic noircit dès 10 °C environ.

L'eau ensuite, mais sans excès. Les blocs fraîchement rempotés occupent un volume de terreau plus grand qu'eux ; ce terreau reste humide longtemps, et les arroser au rythme d'avant reviendrait à les noyer. Le principe est détaillé dans notre guide arroser ses plantes d'intérieur : on arrose quand le substrat le demande, jamais au calendrier.

Pas d'engrais tout de suite. Le terreau neuf nourrit la plante pendant trois à quatre semaines. Passé ce délai, un engrais liquide organique à raison de 5 mL par litre d'eau, toutes les deux semaines de mars à octobre, entretient la production. Il s'apporte toujours sur un substrat déjà humide, jamais sur une motte sèche, et les apports se suspendent en hiver quand la croissance ralentit.

La première taille au bout de deux à trois semaines. Quand les touffes ont repris et atteignent une quinzaine de centimètres, pincer l'extrémité des tiges juste au-dessus d'une paire de feuilles. De nouvelles pousses partent de ce point et la plante s'étoffe au lieu de filer. Les boutons floraux se retirent dès leur apparition. Le détail de la taille figure dans notre guide du basilic en hydroponie, et vaut aussi bien pour un pot de terre.

Ce qui rate le plus souvent

  • Séparer plant par plant. C'est l'erreur la plus coûteuse : presque toutes les racines fines sont détruites et la reprise n'a pas lieu.
  • Rempoter dans un pot trop grand. Un volume de terreau très supérieur à la motte reste humide trop longtemps et asphyxie les racines. Un diamètre supérieur de 3 à 5 cm à l'ancien suffit.
  • Choisir un contenant sans trou. L'eau s'accumule au fond, hors de vue, et les racines pourrissent. Un cache-pot décoratif reste un cache-pot : le pot percé se glisse dedans, et l'eau qui s'y accumule se vide.
  • Enterrer le collet. Une tige recouverte de terreau humide finit par pourrir à sa base.
  • Compenser par un excès d'engrais. Une plante affaiblie n'absorbe pas plus : les sels minéraux s'accumulent, les pointes des feuilles brunissent et une croûte blanche apparaît en surface.

Sources

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour qu'une touffe divisée reparte ?

Il faut compter deux à trois semaines avant de voir des pousses neuves, et la patience est ici la principale difficulté. Pendant cette période les racines coupées cicatrisent et colonisent le terreau neuf, sans que rien ne se passe au-dessus du substrat. Une touffe qui fane légèrement les deux premiers jours puis se redresse est un bon signe, pas une alerte. En revanche, un feuillage qui jaunit franchement au bout d'une semaine indique presque toujours un excès d'eau.

Peut-on rempoter une aromatique en hiver ?

Oui pour une plante achetée en pot de supermarché, puisqu'elle a grandi sous serre et ne suit pas les saisons du jardin. Un rempotage se fait normalement pendant la période de croissance, au printemps ou au début de l'été, mais ici l'attente ferait plus de dégâts que le geste. La reprise sera simplement plus lente si la lumière manque. Une lampe de culture compense en grande partie ce ralentissement.

Faut-il séparer les plants un par un ?

Non, et c'est une erreur fréquente. Détacher chaque tige casse la quasi-totalité des racines fines et la plante met des semaines à s'en remettre, quand elle s'en remet. Il vaut mieux découper la motte en trois ou quatre blocs entiers, chacun avec sa part de racines et de terre. Chaque bloc se comporte ensuite comme une petite touffe autonome.

Quel terreau utiliser pour rempoter une aromatique ?

Un terreau de rempotage ou un terreau universel convient, à condition qu'il draine bien. Un terreau de semis seul serait trop pauvre pour une plante installée : mélangé à parts égales avec un terreau plus riche, il donne en revanche un bon compromis. Les aromatiques méditerranéennes comme le thym et le romarin apprécient un tiers de sable ou de perlite en plus. Dans tous les cas, le pot doit être percé.

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