Petites bêtes dans un terrarium : lesquelles garder, lesquelles traiter
Points blancs qui sautent, acariens sur le bois, moucherons, pucerons, cochenilles : identifier ce qui vit dans votre terrarium et savoir quoi faire, famille par famille.

Dans ce guide
Devant un point blanc qui bouge dans un terrarium, la réponse courte tient en trois lignes. S'il saute et n'a pas d'ailes, c'est un collembole : gardez-le, il travaille pour vous. S'il rampe lentement sur le bois, c'est un acarien inoffensif : laissez-le. S'il vole, s'il est vert et groupé sur une pousse, ou s'il forme un amas cotonneux à l'aisselle d'une feuille, alors il y a un vrai problème, et chacun se traite différemment. Un terrarium n'est pas un milieu stérile, et il n'a jamais eu vocation à l'être.
Le tableau d'identification
| Ce que vous voyez | Ce que c'est | Verdict |
|---|---|---|
| Point blanc qui saute, sans ailes | Collembole | À garder |
| Bête grise à carapace, sous le bois | Cloporte | À garder |
| Point blanc lent sur le bois humide | Acarien saprophage | Sans gravité |
| Petite mouche noire qui vole | Moucheron de terreau | À traiter |
| Amas verts sur les jeunes pousses | Puceron | À traiter |
| Amas cotonneux blanc à l'aisselle | Cochenille farineuse | À traiter vite |
Ce qu'il faut garder
Les collemboles
Ce sont les plus nombreux et les plus utiles. Minuscules, sans ailes, souvent blancs mais pas toujours, ils vivent à la surface du substrat et sous les feuilles mortes. Beaucoup sautent brusquement quand on soulève le couvercle, ce qui trahit leur présence.
Ce qu'ils mangent : la matière organique en décomposition, les moisissures microscopiques, les spores de champignons. Ils ne touchent pas aux racines ni au feuillage vivant.
Ce qu'il faut faire : rien. Leur population s'autorégule selon la nourriture disponible. Une explosion soudaine signale simplement beaucoup de matière morte, donc souvent un excès d'humidité à corriger. Le guide dédié aux collemboles en terrarium détaille leur introduction volontaire et ses limites.
Les cloportes
Gris, blindés, de trois à dix millimètres, ils se cachent sous le bois et les feuilles et ne sortent qu'à l'obscurité. Ce sont des crustacés, pas des insectes. Ils broient la matière végétale morte que les collemboles ne peuvent pas attaquer, et produisent un compost très fin.
Ce qu'ils mangent : bois mort, feuilles tombées, écorce en décomposition.
Ce qu'il faut faire : les laisser, à une réserve près. Dans un petit volume pauvre en litière, une population trop dense finit par grignoter les jeunes pousses tendres et la mousse. Ajoutez des feuilles mortes sèches plutôt que de réduire la population. C'est le fonctionnement décrit dans Le terrarium bioactif.
Ce qui est sans gravité
Les acariens blancs du bois
Sur une racine fraîchement installée et constamment humide, on voit parfois une poussière blanche qui se déplace très lentement. Ce sont des acariens saprophages, qui se nourrissent des champignons microscopiques et du bois en décomposition. Ils ne piquent pas, ne volent pas et ne s'attaquent pas aux plantes.
Ce qu'il faut faire : rien, sinon patienter. Leur nombre chute de lui-même dès que la couche superficielle du bois a été consommée et que l'humidité de surface baisse. Ils accompagnent souvent l'apparition de petits champignons sur le bois, qui relèvent du même phénomène de décomposition.
Une exception à connaître : des acariens rouges ou bruns, accompagnés de très fines toiles entre les tiges et de feuilles piquetées de points clairs, sont des araignées rouges. Celles-là sont nuisibles, mais elles détestent l'air humide et ne s'installent pratiquement jamais dans un terrarium fermé. Leur présence signale un milieu devenu trop sec, traité dans Terrarium trop sec.
Ce qui est un vrai problème
Les moucherons de terreau
De petites mouches noires de deux à quatre millimètres, qui volent mollement et se posent sur le verre. Les adultes sont inoffensifs ; ce sont leurs larves, dans les premiers centimètres du substrat, qui consomment les racines fines et affaiblissent les jeunes plantes.
Pourquoi ils sont là : un substrat maintenu humide en surface, en permanence. Ils pondent exactement là.
Quoi faire : laissez sécher les deux premiers centimètres de substrat entre deux arrosages, arrosez à la pipette contre la paroi plutôt qu'en surface, et retirez les feuilles mortes qui nourrissent les larves. Le guide Moucherons dans le terrarium donne la marche complète.
Les pucerons
Verts, noirs ou rosés, en grappes serrées sur les jeunes pousses et sous les feuilles tendres. Ils piquent les tissus, aspirent la sève, déforment les feuilles nouvelles et laissent un miellat collant sur lequel des moisissures noires s'installent ensuite.
Quoi faire : agissez tôt, l'effectif double en quelques jours. Retirez les pousses les plus colonisées à la pince et jetez-les hors de la maison. Essuyez le reste avec un coton humide, feuille par feuille. Répétez tous les trois jours pendant deux semaines, le temps que les œufs éclosent et soient éliminés à leur tour. Dans un petit volume clos, ce retrait manuel patient donne de meilleurs résultats qu'un traitement.
Les cochenilles farineuses
Ce sont les plus tenaces. Elles se présentent comme de petits amas cotonneux blancs, à l'aisselle des feuilles, à la base des tiges, parfois sur les racines affleurantes. Sous le coton se cache un insecte immobile qui pompe la sève. Une plante atteinte s'étiole sans raison apparente, et l'on cherche longtemps la cause du côté de l'arrosage.
Quoi faire : touchez chaque amas avec un coton-tige imbibé d'alcool à 70°, qui dissout la protection cireuse et tue l'insecte au contact. Travaillez plante par plante, sans laisser l'alcool couler sur le substrat. Contrôlez chaque semaine pendant un mois : les jeunes larves, mobiles et minuscules, échappent toujours au premier passage. Une plante très atteinte dans un petit terrarium se retire plutôt qu'elle ne se soigne.
Trois réflexes qui évitent la plupart des ennuis
- Inspectez les plantes à l'achat, sous les feuilles et à l'aisselle des tiges, avant de les installer. C'est là que tout entre.
- Gardez la surface du substrat plutôt sèche et l'intérieur frais. Cette seule habitude élimine les moucherons et calme les acariens. Les dosages sont dans Arroser un terrarium.
- Retirez la matière morte chaque mois, à la pince, comme le prévoit Entretien d'un terrarium fermé. Moins de matière morte, moins de larves, moins de moisissure.
Un terrarium habité par quelques collemboles et deux ou trois cloportes n'est pas un terrarium sale : c'est un terrarium qui fonctionne. Les outils longs qui permettent d'intervenir sans mettre les mains au fond du bocal se trouvent au rayon Outils.
Sources
Questions fréquentes
Les petites bêtes blanches qui sautent sont-elles nuisibles ?
Non, ce sont presque toujours des collemboles. Ils consomment la matière morte et les champignons microscopiques du substrat, ne touchent pas aux plantes vivantes, ne piquent pas et ne sortent pas du bocal. Leur présence est un bon signe pour un terrarium fermé.
Comment distinguer un collembole d'un moucheron ?
Le collembole n'a pas d'ailes : il se déplace sur le substrat et saute quand on le dérange. Le moucheron vole, tourne autour du verre et se pose sur la paroi. Si quelque chose vole, ce n'est pas un collembole, et le traitement n'est pas le même.
Faut-il traiter un terrarium avec un insecticide ?
Dans un contenant fermé, un insecticide est presque toujours une mauvaise idée : il tue aussi la microfaune utile et reste piégé dans un volume clos. Les problèmes réels se règlent par le retrait manuel, l'assèchement de la surface du substrat et, pour les cochenilles, un coton imbibé d'alcool à 70°.
D'où viennent ces bêtes si le terrarium est fermé ?
Elles arrivent avec les plantes, le substrat, la mousse ou le bois, sous forme d'œufs ou de larves invisibles. Un terrarium fermé n'est pas stérile, et il n'a pas à l'être. La question n'est pas d'empêcher leur entrée, mais de savoir lesquelles laisser vivre.



















