Aller au contenu

Livraison offerte dès 89 €

Conseil

Protéger un nichoir des prédateurs : chat, pic, fouine

Un nichoir se protège en le rendant inaccessible, jamais en s'en prenant au prédateur. Hauteur et emplacement, plaque de renfort autour du trou, profondeur suffisante sous l'entrée, et le calendrier des travaux, à faire hors nidification.

La rédactionPublié le · 7 min de lecture
Nichoir en bois vert patiné contre un pin

Protéger un nichoir consiste à le rendre inaccessible, jamais à s'en prendre à l'animal qui s'y intéresse. Trois mesures couvrent l'essentiel : poser le nichoir à au moins 2 m de hauteur, loin de toute branche horizontale qui servirait de passerelle ; renforcer le trou d'envol d'une plaque métallique percée au bon diamètre ; et garder au moins 15 cm entre le trou et le fond, pour que le nid reste hors d'atteinte. Tous ces travaux se font à l'automne ou en hiver, sur un nichoir vide.

Qui s'intéresse à un nichoir, et comment

Chaque prédateur a sa technique, et chacune appelle une parade différente.

  • Le chat domestique guette les allées et venues des parents, saute depuis une branche ou un muret et attrape l'oiseau au passage. Il atteint rarement la nichée elle-même, mais un adulte tué pendant l'élevage condamne souvent la couvée.
  • Le pic épeiche et l'écureuil roux agrandissent le trou d'envol à coups de bec ou de dents, jusqu'à pouvoir passer la tête ou la patte.
  • La fouine, la martre et le rat grimpent le long d'un tronc ou d'un mur et glissent une patte par l'ouverture pour atteindre le contenu du nichoir.
  • La pie et le geai se posent sur un perchoir ou un rebord et fouillent l'entrée du bec.

Le pic épeiche et l'écureuil roux sont des espèces protégées. Il n'est donc pas question de les écarter autrement qu'en rendant le nichoir résistant, et il en va de même, sur le principe, pour tous les autres : la prédation fait partie du fonctionnement d'un jardin vivant. Ce guide ne porte que sur la solidité et l'emplacement du nichoir.

Le calendrier : tout se fait sur un nichoir vide

C'est la règle qui prime sur toutes les autres. Aucune intervention sur un nichoir occupé, même pour poser une plaque de protection, même « juste pour vérifier ». Le dérangement peut conduire les parents à abandonner la couvée, et l'arrêté du 29 octobre 2009 interdit la perturbation intentionnelle des oiseaux protégés, en particulier pendant la période de reproduction.

La fenêtre de travail est donc la même que pour le nettoyage annuel : de la fin septembre à octobre, une fois les dernières nichées envolées, et jusqu'à l'hiver. Un nichoir renforcé à l'automne a par ailleurs le temps d'être repéré par les oiseaux avant le printemps. La méthode de nettoyage, à mener en même temps, est décrite dans Nettoyer un nichoir.

Si un prédateur s'est manifesté en pleine saison, la seule réponse acceptable est d'observer de loin, aux jumelles, et de noter ce qu'il faudra corriger à l'automne suivant.

Contre les chats : l'emplacement d'abord

Un nichoir bien placé règle la plus grande partie du problème.

La hauteur. Au moins 2 m au jardin, davantage si l'espèce visée le permet : la LPO indique 2 à 5 m pour la mésange bleue et 2 à 6 m pour la mésange charbonnière.

Le dégagement. Ni branche horizontale, ni tuteur, ni câble, ni faîte de mur à proximité immédiate de l'entrée. Un chat saute bien plus loin qu'on ne l'imagine ; ce qui compte est l'absence de poste d'appui à hauteur du nichoir.

Le tronc. Sur un arbre isolé, un manchon lisse en métal fixé autour du tronc, posé nettement au-dessus du sol et couvrant une bande d'au moins 50 cm de hauteur, empêche la montée. Il doit être desserré régulièrement pour ne pas étrangler l'arbre, et il ne sert à rien si une branche basse ou une haie voisine permet de le contourner.

Du côté de l'animal, les associations de protection des oiseaux conseillent de garder les chats à l'intérieur à l'aube et au crépuscule, moments où ils chassent le plus, et particulièrement de mars à août, pendant l'élevage des jeunes. L'efficacité d'une clochette au collier reste discutée et ne dispense d'aucune des précautions ci-dessus.

Contre les pics et les écureuils : renforcer le trou

Un trou d'envol agrandi de quelques millimètres change tout : il laisse passer des espèces plus grandes, et parfois une patte.

La parade est mécanique. Une plaque métallique percée au diamètre exact du trou, vissée sur la façade, empêche l'entrée d'être élargie. La LPO la recommande partout où des pics, des écureuils ou des lérots sont présents. Le diamètre de perçage doit correspondre à l'espèce visée : 26 à 28 mm pour la mésange bleue, 25 à 27 mm pour la mésange noire, 32 mm pour la mésange charbonnière.

Deux détails y contribuent aussi :

  • Un bois plein et épais, d'environ 2 cm et jamais moins de 1 cm, résiste bien mieux qu'un contreplaqué. Le chêne et le mélèze sont des choix courants.
  • Un toit franchement débordant, qui empêche un animal posé dessus d'atteindre l'entrée par le dessus.

Ce modèle illustre les deux points qui comptent : des parois de 20 mm et un trou placé à 17 cm au-dessus du plancher, soit au-delà du minimum de 15 cm conseillé par la LPO. Le choix du diamètre selon l'espèce est détaillé dans Quel nichoir choisir ?.

Contre la fouine et les grimpeurs : la profondeur

Un prédateur qui a atteint la façade cherche à passer la patte par le trou. Ce qui l'en empêche, c'est la distance entre l'entrée et le nid.

  • Au moins 15 cm entre le trou d'envol et le fond, selon la LPO. C'est le chiffre à vérifier avant tout achat ; beaucoup de nichoirs décoratifs sont bien trop courts.
  • Aucun perchoir sous le trou. Il n'est d'aucune utilité aux mésanges, qui entrent directement, et il offre un appui parfait à une pie, un écureuil ou un chat. S'il y en a un, il se scie à ras.
  • Une façade épaisse, ou un court tunnel d'entrée rapporté à l'intérieur, allonge encore le chemin à parcourir.
  • Une fixation solide, sur un tronc ou un mur, plutôt qu'une suspension qui oscille : un nichoir qui bouge se visite plus facilement.
PrédateurCe qu'il tenteLa parade
Chat domestiqueGuette les adultes depuis un appui procheHauteur, dégagement, manchon de tronc
Pic épeicheAgrandit le trou au becPlaque métallique percée, bois épais
Écureuil rouxRonge l'entrée, s'installe dans la cavitéPlaque métallique, toit débordant
Fouine, martrePasse la patte par l'ouverture15 cm au moins sous le trou, pas de perchoir
Pie, geaiFouille l'entrée du becSuppression du perchoir, façade épaisse
RatGrimpe le long du tronc ou du murManchon lisse, éloignement des mangeoires

Une remarque d'implantation : mieux vaut éloigner le nichoir du point de nourrissage. Une mangeoire concentre les allées et venues, les graines tombées attirent les rongeurs, et le voisinage immédiat des deux installations rend le nichoir plus visible. Une distance de quelques mètres entre les deux suffit dans un jardin ordinaire.

Ce qu'il ne faut pas faire

  • Piéger, capturer ou déplacer un animal. Ce n'est ni le sujet ni la solution, et les espèces concernées sont pour partie protégées.
  • Enduire un tronc de graisse, de goudron ou d'un produit collant. La glu et les produits englués sont proscrits ; ils blessent l'animal visé comme les autres, et abîment l'arbre.
  • Poser du fil barbelé ou du grillage coupant autour de l'entrée ou du tronc : les oiseaux s'y blessent les premiers.
  • Ajouter un perchoir pour « aider » les oiseaux à entrer.
  • Ouvrir le nichoir en saison pour constater les dégâts.
  • Multiplier les nichoirs identiques côte à côte. La LPO conseille de respecter 15 à 20 m entre deux nichoirs de mésange bleue et 40 à 50 m entre deux nichoirs de charbonnière ; des couples serrés se dérangent entre eux et signalent l'endroit.

Un nichoir resté vide n'est pas forcément un nichoir visité par un prédateur : l'orientation, la hauteur ou la date de pose expliquent la plupart des échecs, comme le détaille Un nichoir qui reste vide. Et pour l'ensemble des gestes qui font venir les mésanges, voir Comment attirer les mésanges au jardin.

Sources

Questions fréquentes

Comment empêcher un chat d'attraper les oiseaux du nichoir ?

L'emplacement fait presque tout : au moins 2 m de hauteur, aucun appui à portée de saut, ni branche horizontale ni faîte de mur à proximité de l'entrée. Sur un arbre isolé, un manchon lisse en métal autour du tronc empêche la montée, à condition d'être desserré au fil de la croissance de l'arbre. La LPO conseille par ailleurs de garder les chats à l'intérieur à l'aube et au crépuscule, surtout de mars à août. L'efficacité d'une clochette au collier reste discutée.

Un pic a agrandi le trou de mon nichoir, que faire ?

La réparation attend la fin de la saison de reproduction, à l'automne. Une plaque métallique percée au diamètre voulu se visse alors sur la façade, par-dessus l'ouverture élargie : 26 à 28 mm pour la mésange bleue, 32 mm pour la charbonnière. Si le bois est fendu sur une grande longueur, il vaut mieux remplacer la façade, voire le nichoir. Le pic épeiche est une espèce protégée : il n'est pas question de l'écarter autrement.

Peut-on protéger un nichoir déjà occupé ?

Non. Toute intervention sur un nichoir occupé risque de faire abandonner la couvée, et la perturbation intentionnelle des oiseaux protégés en période de reproduction est interdite. La seule conduite possible est d'observer de loin, aux jumelles, et de noter ce qui devra être corrigé. Les travaux se font entre la fin septembre et l'hiver, sur un nichoir vide et nettoyé.

Faut-il éloigner le nichoir de la mangeoire ?

C'est préférable. Une mangeoire concentre les passages et les graines tombées attirent les rongeurs, ce qui rend le secteur plus fréquenté par les prédateurs. Séparer nettement les deux installations limite aussi les conflits entre oiseaux au moment de la nidification. Les deux ont de toute façon des contraintes d'emplacement différentes : le nichoir cherche le calme, la mangeoire le dégagement.

Pour aller plus loin.

Tous les guides

Univers

Recherches fréquentes

Votre panier

Votre panier est vide.

Un kit, c'est le plus simple pour commencer : le verre, les plantes, la terre et le guide arrivent ensemble.