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Comparatif

Mésange bleue ou charbonnière : les reconnaître et les loger

La calotte bleue et le petit gabarit d'un côté, la tête noire, les joues blanches et la cravate ventrale de l'autre. Les critères qui ne trompent pas, le chant, et le nichoir qui convient à chacune.

La rédactionPublié le · 7 min de lecture
Mésange bleue sur une mangeoire au jardin

Deux critères suffisent à séparer les deux mésanges les plus communes des jardins de France. La mésange bleue porte une calotte bleue sur un visage blanc barré d'un fin trait noir, et reste nettement plus petite. La mésange charbonnière a la tête et la gorge entièrement noires, des joues blanches bien découpées, et une bande noire verticale qui descend le long de son ventre jaune. Côté logement, tout se joue au diamètre du trou d'envol : 26 à 28 mm pour la bleue, 32 mm pour la charbonnière.

Les reconnaître d'un coup d'œil

Les deux espèces partagent le dos vert-olive et le ventre jaune, ce qui explique la confusion. Tout le reste diffère.

CritèreMésange bleueMésange charbonnière
Longueur10,5 à 12 cm13,5 à 15 cm
Poids9 à 12 g environ16 à 21 g environ
Envergure17 à 20 cm22 à 26 cm
CalotteBleue, cernée de blancNoire, luisante
FaceBlanche, traversée d'un trait noir à l'œilJoues blanches nettes, gorge noire
VentreJaune, au plus une ligne sombre discrèteJaune barré d'une large bande noire
Ailes et queueBleuesGris-bleu, avec une barre alaire blanche
AllureVive, acrobatique, souvent tête en basPlus lourde, fréquente aussi le sol

Les mensurations varient selon les sources et les populations ; ce sont les ordres de grandeur qui comptent. Sur le terrain, la différence de taille se voit surtout quand les deux espèces se croisent sur la même mangeoire : la charbonnière fait reculer la bleue sans difficulté.

Deux autres mésanges brouillent parfois les pistes. La mésange noire ressemble à une charbonnière en miniature, mais sa nuque porte une tache blanche caractéristique et son ventre n'a pas de bande. La mésange nonnette a la calotte noire et les joues blanches, sans aucun jaune.

Un guide illustré et un carnet d'observation aident à fixer les critères d'identification et à suivre, saison après saison, quelles espèces fréquentent le jardin.

La cravate : reconnaître le mâle de la femelle

Chez la charbonnière, la bande noire du ventre est un indice de sexe, lisible sans matériel.

  • Le mâle porte une bande large, qui s'élargit encore entre les pattes et rejoint le bas-ventre, d'un noir profond.
  • La femelle a une bande plus étroite, souvent irrégulière ou interrompue avant le bas du ventre.

Les intermédiaires existent, et un jeune oiseau de l'année reste plus terne, avec des joues jaunâtres plutôt que blanches. Chez la mésange bleue, la distinction est bien plus difficile à l'œil nu : le mâle a en moyenne une calotte plus vive, mais le recouvrement entre les deux sexes est large.

Les distinguer au chant

Le chant permet souvent d'identifier une mésange avant de la voir.

La charbonnière lance un motif de deux notes répété inlassablement, souvent transcrit « ti-tu ti-tu ti-tu », clair et sonore, qui évoque le grincement régulier d'une balançoire. C'est l'un des premiers chants du jardin en fin d'hiver. Son répertoire est par ailleurs très étendu : un cri inconnu au jardin est souvent le fait d'une charbonnière.

La bleue émet un chant plus aigu et plus rapide, quelques notes fines suivies d'un trille roulé qui descend, sans la régularité mécanique de sa cousine. Ses cris de contact, menus et nerveux, accompagnent ses déplacements dans les branches fines.

Deux nichoirs bien distincts

C'est ici que la distinction devient pratique : un nichoir ne convient pas aux deux espèces. Le diamètre du trou d'envol fait la sélection, et un trou trop large livre la cavité à des oiseaux plus grands.

ÉlémentMésange bleueMésange charbonnière
Diamètre du trou26 à 28 mm32 mm
Fond intérieur13 × 13 cm14 × 14 cm
Hauteur de pose2 à 5 m2 à 6 m
Distance entre deux nichoirs identiques15 à 20 m40 à 50 m

Ces repères sont ceux de la LPO, qui indique par ailleurs 30 à 32 mm sur sa page consacrée à la charbonnière. Trois règles s'appliquent aux deux espèces : au moins 15 cm entre le trou et le fond, aucun perchoir sous l'entrée, et un intérieur laissé brut. L'orientation se fait vers l'est ou le sud-est, à l'opposé des vents dominants, et la pose intervient dès l'automne ou le début de l'hiver.

Un trou de 32 mm n'est pas réservé à la charbonnière : le moineau friquet, voire la sittelle, peuvent s'y installer. Un trou de 26 à 28 mm, lui, ferme la porte aux espèces plus grandes — c'est ce qui rend le petit diamètre utile là où la charbonnière domine déjà.

Un même modèle décliné en deux diamètres permet de loger les deux espèces dans un jardin assez vaste, à condition de respecter les distances du tableau. Le détail des autres espèces cavernicoles figure dans Quel nichoir choisir ?.

Leur année, mois par mois

Le calendrier des deux espèces se ressemble beaucoup.

  1. De l'automne à février, les couples prospectent les cavités disponibles. C'est la raison pour laquelle un nichoir se pose à l'avance et non au printemps.
  2. En mars et avril, le nid se construit : mousse, herbes sèches, puis une garniture de plumes et de poils. La femelle s'en charge presque seule.
  3. D'avril à juin, la ponte compte le plus souvent 7 à 13 œufs chez la bleue, 6 à 12 chez la charbonnière, selon les années et les régions. L'incubation dure 13 à 15 jours.
  4. Pendant 16 à 22 jours, les jeunes restent au nid, nourris presque exclusivement de chenilles. Un couple en apporte plusieurs centaines par jour au plus fort de l'élevage.
  5. Après l'envol, les parents continuent d'accompagner les jeunes une à deux semaines. Une seconde nichée est possible, plus fréquente chez la charbonnière.

De mars à août, le nichoir ne s'ouvre donc sous aucun prétexte : le dérangement peut conduire à l'abandon de la couvée, et la perturbation intentionnelle des oiseaux protégés en période de reproduction est interdite. Le nettoyage attend la fin septembre ou octobre, comme l'explique Nettoyer un nichoir.

La mortalité est forte la première année, et la durée de vie moyenne se compte en quelques années seulement, même si des oiseaux bagués ont dépassé la dizaine. Une population de jardin se renouvelle donc vite, et l'absence d'un couple une saison ne signifie pas grand-chose.

Ce qu'elles mangent, et ce que cela change

Les deux espèces sont insectivores une grande partie de l'année, et c'est ce régime qui commande tout le reste. Les chenilles constituent l'essentiel de la nourriture des jeunes ; un jardin traité aux insecticides ne peut pas nourrir une nichée, quel que soit le nichoir installé.

En hiver, elles se reportent sur les graines et les graisses. Le tournesol noir, le chènevis, les arachides entières proposées en grille et les graisses végétales sans filet leur conviennent également. Une nuance de comportement les sépare toutefois : la bleue, plus légère et plus acrobatique, fréquente volontiers les tubes suspendus et les extrémités de branches, tandis que la charbonnière utilise aussi les plateaux et le sol.

Le nourrissage se limite à la mauvaise saison, de la mi-novembre à la fin mars, et s'arrête progressivement sur sept à dix jours au retour de la douceur : les détails figurent dans Nourrir les oiseaux en hiver.

L'ensemble des gestes qui les font venir est réuni dans Comment attirer les mésanges au jardin.

Sources

Questions fréquentes

Comment différencier une mésange bleue d'une mésange charbonnière ?

La calotte tranche immédiatement : bleue et cernée de blanc chez la première, entièrement noire et luisante chez la seconde. La charbonnière porte en outre une large bande noire verticale sur le ventre jaune, absente ou réduite à une ligne discrète chez la bleue. La différence de taille est nette dès qu'on les voit ensemble, la charbonnière étant environ un tiers plus longue. Les deux partagent le dos vert-olive et le ventre jaune, d'où la confusion fréquente de loin.

Peut-on savoir si une mésange charbonnière est un mâle ou une femelle ?

Oui, en observant la bande noire du ventre. Chez le mâle elle est large, d'un noir franc, et s'élargit vers le bas-ventre ; chez la femelle elle reste étroite, parfois irrégulière ou interrompue. Des individus intermédiaires existent, et les jeunes de l'année sont plus ternes, avec des joues jaunâtres. Chez la mésange bleue, en revanche, les deux sexes se distinguent très mal à l'œil nu.

Un même nichoir peut-il convenir aux deux mésanges ?

Non, le diamètre du trou fait la sélection : 26 à 28 mm pour la mésange bleue, 32 mm pour la charbonnière. Un trou de 32 mm laisse aussi entrer le moineau friquet et parfois la sittelle, tandis qu'un trou de 28 mm ferme la porte aux espèces plus grandes. Pour accueillir les deux, il faut deux nichoirs distincts, espacés selon les recommandations de la LPO. Dans un petit jardin, un seul diamètre suffit largement.

Combien d'œufs pond une mésange ?

La ponte compte le plus souvent 7 à 13 œufs chez la mésange bleue et 6 à 12 chez la charbonnière, avec des variations selon les années, les régions et la disponibilité en chenilles. L'incubation dure 13 à 15 jours, et les jeunes restent ensuite 16 à 22 jours au nid. Une seconde nichée est possible, un peu plus fréquente chez la charbonnière. Pendant toute cette période, le nichoir ne doit être ni ouvert ni déplacé.

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