Boules de graisse : lesquelles choisir, quand les sortir, et le filet à retirer
Le filet en plastique piège les pattes des oiseaux et se retire toujours. Reste à choisir une graisse sans huile de palme, à la proposer au bon moment de l'année, dans un support rigide, et à la retirer dès le retour de la douceur.

Dans ce guide
Une boule de graisse se sort de la mi-novembre à la fin mars, jamais en période de reproduction, et toujours sans son filet en plastique : la LPO le déconseille, car les oiseaux peuvent s'y prendre les pattes. Elle se suspend dans un support rigide grillagé, à 1,5 à 2 m du sol, et se choisit sans huile de palme, sans sel et sans additif. Par temps doux, la graisse mollit et rancit vite : mieux vaut alors espacer les apports.
Pourquoi le filet est le vrai sujet
Les boules vendues en lot arrivent presque toujours emballées dans un filet en plastique à mailles souples. C'est ce filet, et non la graisse, qui pose problème. Une mésange ou une sittelle qui s'y accroche peut y coincer un doigt ou une patte ; l'oiseau se débat, resserre la maille et se blesse, parfois jusqu'à la perte du membre. Les mailles abandonnées dans une haie continuent par ailleurs à traîner longtemps dans le jardin.
Le geste est simple : la boule sort de son filet avant d'être proposée, et le filet part à la poubelle. La graisse nue se place dans un support conçu pour elle, en métal ou en bois, dont les ouvertures sont assez larges pour le bec mais trop petites pour une patte. Certains fabricants proposent désormais des boules sans filet, à glisser directement dans un panier : c'est le format à préférer.
Il faut aussi se méfier des supports improvisés. Un pot en plastique ou un panier à bords coupants retiennent l'eau ou blessent : un support rigide du commerce, ou un simple panier grillagé à mailles fixes, rend de meilleurs services.
Quelle graisse, et quelle composition
Toutes les boules ne se valent pas. Trois points se lisent sur l'emballage.
La matière grasse. Le suif de bœuf et les graisses végétales solides conviennent l'un comme l'autre. L'huile de palme, en revanche, est à écarter : sa production pèse lourd sur les forêts tropicales, et ce n'est pas la seule graisse disponible. Une graisse doit être solide à température ambiante ; une préparation molle salit le plumage des oiseaux qui s'y frottent.
Le sel. Il n'a rien à faire dans une boule. Les oiseaux éliminent mal le sodium, et les restes de cuisine salés — lard, charcuterie, graisses de friture, fromage — ne sont pas des substituts.
Les graines mélangées. Une bonne boule associe la graisse à du tournesol noir, du chènevis, des flocons d'avoine ou des arachides concassées. Les mélanges saturés de blé ou de riz reproduisent le défaut des mauvais sacs de graines : ces céréales sont délaissées et tombent au sol.
| Forme | Pour quelles espèces | Support | Remarque |
|---|---|---|---|
| Boule sans filet | Mésanges, verdiers, moineaux | Panier grillagé suspendu | Le format le plus sûr |
| Pain ou bloc de graisse | Mésanges, sittelles, pics | Cage rectangulaire fixée au tronc | Tient longtemps, peu de gaspillage |
| Graisse en pot retourné | Sittelles, pics, grimpereaux | Support à visser sur un tronc | Protège de la pluie |
| Boule dans son filet | — | — | À ne jamais proposer telle quelle |
Quand les proposer, et quand les retirer
Le calendrier est le même que pour les graines : mi-novembre à fin mars, avec une attention particulière aux épisodes de gel, de neige ou de froid prolongé, quand les insectes manquent et que le sol est inaccessible. Une fois le nourrissage commencé, il gagne à rester régulier : des oiseaux qui ont pris l'habitude d'un point de nourrissage comptent dessus.
Au retour de la douceur, les quantités se réduisent progressivement, sur sept à dix jours, jusqu'à l'arrêt complet. Ce n'est pas une précaution de confort. Au printemps, les adultes doivent se tourner vers les insectes, et les lipides d'une boule de graisse ne conviennent pas aux poussins : un fragment de graisse rapporté au nid peut leur être fatal. Le calendrier détaillé figure dans Nourrir les oiseaux en hiver.
Deux situations justifient de retirer une boule avant la date :
- Par temps doux, la graisse mollit, rancit et peut coller au plumage. Les apports s'espacent alors, en petites quantités consommées en quelques jours.
- En cas d'oiseaux visiblement malades — plumage ébouriffé, apathie, difficulté à avaler —, la LPO recommande de cesser tout nourrissage pendant quatre semaines, de jeter la nourriture et de nettoyer soigneusement le matériel.
Où accrocher le support
Les règles sont celles de n'importe quelle mangeoire. Le support se suspend entre 1,5 et 2 m de hauteur, dans un endroit dégagé où les oiseaux voient venir le danger, mais à environ 2 m d'un buisson qui leur sert de refuge en cas d'alerte. Il reste hors de portée des chats et à l'écart des branches horizontales, qui servent de passerelle aux prédateurs.
Les vitres méritent une pensée : un oiseau effarouché près d'une baie vitrée la heurte en s'envolant. Le support se place soit à plus d'un mètre d'une surface vitrée, soit très près d'elle, à moins de 50 cm, de sorte qu'un départ précipité n'atteigne pas la vitesse d'un choc grave. Le choix de l'emplacement obéit aux mêmes contraintes que celui d'une mangeoire à graines.
Enfin, il vaut mieux répartir les points de nourrissage que tout concentrer au même endroit : les rassemblements favorisent la transmission des maladies.
Fabriquer ses propres boules
La recette maison permet de maîtriser la composition. Elle demande une graisse végétale solide, non salée, et un mélange de graines.
- Faire fondre doucement la graisse à feu très doux, sans la porter à ébullition.
- Hors du feu, incorporer les graines : compter environ une part de graisse pour une à deux parts de graines, jusqu'à obtenir une pâte épaisse qui ne coule plus.
- Garnir un moule — un petit pot en terre cuite, un support grillagé, une cage à graisse — en tassant légèrement.
- Laisser prendre au frais plusieurs heures, jusqu'à ce que le bloc soit ferme et se tienne seul.
- Conserver au frais, et ne sortir que la quantité consommée en quelques jours.
Ni sel, ni sucre, ni restes de cuisine, ni pain émietté n'entrent dans la préparation. Un mélange sans blé ni riz donne un bloc plus propre et moins gaspillé au sol.
Les arachides méritent un traitement à part. Très énergétiques elles aussi, elles ne se donnent jamais concassées en vrac ni intégrées à une boule tendre : un morceau trop gros peut étouffer un jeune oiseau. Elles se proposent entières, dans une grille à mailles fines qui oblige à les picorer.
L'entretien du support
Un support à graisse se nettoie aussi souvent qu'une mangeoire à graines. La LPO recommande un nettoyage hebdomadaire pendant toute la période d'utilisation : brossage, eau chaude et savon noir ou savon de Marseille, rinçage abondant, séchage complet avant de regarnir, gants aux mains et lavage des mains ensuite. Les résidus gras rancissent vite et adhèrent au métal ; un passage d'eau très chaude les décolle sans produit.
Les débris tombés au sol se ramassent, et le support change d'emplacement de temps en temps. La méthode complète se trouve dans Nettoyer une mangeoire à oiseaux.
Une dernière remarque. Une boule de graisse est un appoint de saison froide, rien de plus. Ce qui nourrit durablement les oiseaux, c'est un jardin sans pesticides, une haie d'essences locales, des fleurs dont les graines restent en place et un coin de feuilles mortes où les insectes passent l'hiver — le sujet du guide Un jardin riche en biodiversité. C'est de là que viendront les chenilles du printemps, que les mésanges chercheront pour leurs jeunes, comme le rappelle Comment attirer les mésanges au jardin.
Sources
Questions fréquentes
Faut-il vraiment enlever le filet des boules de graisse ?
Oui, systématiquement. La LPO déconseille les boules vendues en filet parce que les oiseaux peuvent s'y prendre les pattes ou les doigts, se blesser en se débattant et parfois perdre un membre. La boule se sort de son emballage, le filet part à la poubelle, et la graisse se place dans un panier grillagé rigide. Les boules vendues sans filet, à glisser dans un support, évitent la manipulation.
Peut-on donner des boules de graisse toute l'année ?
Non. Le nourrissage se limite en principe à la mi-novembre-fin mars, puis s'arrête progressivement sur sept à dix jours au retour de la douceur. Au printemps et en été, les adultes doivent nourrir leurs jeunes d'insectes : les lipides d'une boule ne conviennent pas aux poussins, et un fragment rapporté au nid peut leur être fatal. Par temps doux, la graisse rancit en outre rapidement.
Comment fabriquer une boule de graisse maison ?
Il faut faire fondre doucement une graisse végétale solide non salée, puis y incorporer hors du feu environ une à deux parts de graines pour une part de graisse, jusqu'à obtenir une pâte épaisse. La préparation est tassée dans un petit pot en terre cuite ou un support grillagé, puis laissée prendre plusieurs heures au frais. Ni sel, ni sucre, ni pain, ni restes de cuisine n'y entrent. Le bloc se conserve au frais et ne sort qu'en quantité consommée en quelques jours.
Les boules de graisse attirent-elles les rats ?
Les débris tombés au sol peuvent effectivement attirer rongeurs et pigeons. Trois gestes limitent le risque : un support suspendu plutôt que posé, une coupelle qui récupère les fragments, et un ramassage régulier de ce qui tombe. Il est aussi préférable de ne sortir que la quantité consommée en quelques jours et de déplacer le point de nourrissage de temps à autre.



















